Ministère des Affaires Étrangères
République Populaire de Chine
Conférence de presse du 10 juin 2026 tenue par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Lin Jian
Updated: 10 June 2026 23:55

Agence de presse Xinhua : Aujourd’hui marque la deuxième Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations. Nous avons remarqué qu’une série d’événements ont été organisés au siège des Nations Unies (ONU) ainsi que dans plusieurs villes accueillant des organes de l’ONU. L’Institut chinois d’études internationales (CIIS) a également publié aujourd’hui un rapport sur le dialogue entre les civilisations. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Lin Jian : Il y a trois ans, le président Xi Jinping a solennellement proposé l’Initiative pour la civilisation mondiale, traçant la voie vers la coexistence harmonieuse et la symbiose des différentes civilisations. L’établissement de la Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations constitue une mesure importante visant à mettre en œuvre cette initiative.

Aujourd’hui marque la deuxième Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations. En tant qu’initiateur de cette journée, la Chine, en collaboration avec les Nations Unies et d’autres organisations internationales, a organisé une nouvelle fois de grands événements thématiques à travers le monde. Wang Yi, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et ministre des Affaires étrangères, a prononcé un discours vidéo dans lequel il a proposé de promouvoir le dialogue entre les civilisations à partir de quatre aspects : Premièrement, toutes les parties doivent adhérer au respect mutuel et promouvoir la coexistence harmonieuse des différentes civilisations. Deuxièmement, toutes les parties doivent respecter une approche centrée sur les peuples et jeter des bases solides aux échanges entre les civilisations. Troisièmement, toutes les parties doivent promouvoir l’intégration de la transmission et de l’innovation afin de renforcer les moteurs du progrès de la civilisation. Quatrièmement, toutes les parties doivent s’en tenir aux échanges et à l’apprentissage mutuel et améliorer les mécanismes du dialogue entre les civilisations. Le président colombien Gustavo Petro, le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres, le Haut Représentant de l’Alliance des civilisations des Nations Unies (UNAOC), Miguel Ángel Moratinos, ainsi que les responsables des organes des Nations Unies et d’autres organisations internationales basés notamment à Genève, à Vienne, à Nairobi et à la Haye, ont exprimé leur soutien aux événements thématiques et ont prononcé des allocutions. Toutes les parties ont hautement salué l’importance de l’Initiative pour la civilisation mondiale dans le monde actuel et ont apprécié la contribution de la Chine à la promotion du dialogue entre les civilisations. Elles ont également appelé la communauté internationale à renforcer la solidarité et la coopération afin de promouvoir la paix et le développement grâce au dialogue entre les civilisations. 

Afin de faire un bilan plus approfondi de l’expérience, des pratiques et des réalisations majeures de la Chine dans la promotion du dialogue mondial entre les civilisations, l’Institut chinois d’études internationales (CIIS) a publié aujourd’hui le rapport intitulé Les actions de la Chine pour promouvoir le dialogue mondial entre les civilisations. Ce rapport présente de manière systématique les concepts, les politiques, les pratiques et les réalisations de la Chine en matière de promotion du dialogue entre les civilisations, tout en exposant les prochaines étapes envisagées par la Chine dans ce domaine. Nous vous invitons à consulter ce rapport.

La promotion du dialogue entre les civilisations requiert les efforts conjoints de la communauté internationale. La Chine est prête à travailler avec toutes les parties, en saisissant l’occasion de la célébration de la Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations, afin de puiser la sagesse des civilisations pour relever les défis mondiaux, et de rassembler davantage de partenaires dans le dialogue entre les civilisations, pour construire ensemble une communauté d’avenir partagé pour l’humanité.

China-Arab TV : Dans la matinée du 10 juin, heure de Beijing, les États-Unis ont lancé trois cycles de frappes contre l’Iran. L’Iran a ensuite riposté en lançant des attaques contre des bases militaires américaines en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn. Quel est votre commentaire sur cette nouvelle escalade de la situation au Moyen-Orient ?

Lin Jian : La Chine exprime ses profondes préoccupations concernant la situation actuelle en Iran. Les parties concernées doivent rester calmes, faire preuve de retenue, cesser d’exacerber la confrontation et d’aggraver les tensions, prendre des mesures concrètes pour apaiser la situation, s’en tenir aux moyens politiques et diplomatiques pour résoudre les différends et œuvrer à la réalisation rapide d’un cessez-le-feu global et durable.

China Review News : Selon certaines informations, le Parti libéral-démocrate (PLD) du Japon a adopté hier, lors de son Conseil général, un projet de proposition visant à réviser les trois principaux documents de sécurité du pays. Ce projet, qui cite notamment la situation sécuritaire dans le voisinage du Japon, y compris le renforcement militaire de la Chine, ainsi que l’objectif de dépenses de défense fixé par l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à 3,5 % du PIB, souligne la nécessité d’augmentations substantielles du budget de la défense. Il préconise notamment le renforcement des capacités de contre-attaque, c’est-à-dire des capacités de frappe contre les bases ennemies, la mise en place d’un système défensif capable de résister à des attaques massives de saturation, l’introduction de sous-marins de nouvelle génération équipés de missiles à longue portée, la garantie de la crédibilité de la dissuasion élargie reposant principalement sur l’arsenal nucléaire américain, ainsi que l’acquisition de capacités permettant de soutenir des opérations de combat pendant au moins un an. Le PLD envisage de soumettre ce projet de proposition à la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au cours de la dernière décade du mois de juin. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Lin Jian : Ce projet de proposition apporte de nouvelles preuves venant s’ajouter à celles déjà existantes, révélant les tentatives et les démarches de certaines forces japonaises visant à rechercher une remilitarisation, à se défaire des normes établies après la Seconde Guerre mondiale et à accélérer le renforcement militaire du pays. La communauté internationale, y compris la Chine, suit ces évolutions avec une profonde préoccupation et une grande vigilance. Nous avons noté qu’au Japon également, de nombreuses personnalités avisées ainsi que des groupes anti-guerre ont exprimé, sous diverses formes, leur inquiétude et leur opposition.

En critiquant et en dénigrant sans retenue les activités militaires normales de la Chine et en exagérant les tensions entourant le Japon, ce projet de proposition du Japon cherche à tromper le public japonais ainsi que la communauté internationale afin de justifier l’accélération de la remilitarisation du pays. Sous prétexte de « renforcer la défense » et de « répondre passivement aux menaces », les forces de droite japonaises développent activement de puissantes armes offensives à portée intermédiaire et longue, renforcent leurs capacités de projection de puissance et de déploiement avancé, et orientent la politique de sécurité du Japon vers une direction offensive et expansionniste. Elles cherchent à inscrire l’expansion militaire et la préparation à la guerre dans les institutions nationales, les secteurs économiques et l’opinion publique, à contourner progressivement les contraintes imposées par la Constitution japonaise, le droit international et la législation nationale, à renoncer aux obligations qui leur incombent en vertu du droit international et à remettre en cause l’ordre international d’après-guerre. Cette tendance devient de plus en plus manifeste et représente un danger réel. La communauté internationale doit rester extrêmement vigilante et prendre des mesures préventives.

RIA Novosti : Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a déclaré mardi que le nouveau cycle de sanctions anti-russes pourrait inclure des mesures à l’encontre d’entreprises de la Chine, de la Turquie, de l’Inde et d’autres pays. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Lin Jian : La Chine s’est toujours opposée aux sanctions unilatérales illicites dénuées de tout fondement dans le droit international ou de l’autorisation du Conseil de sécurité des Nations Unies. Nous avons formulé à plusieurs reprises des représentations solennelles auprès de l’UE afin de l’exhorter à corriger ces actes erronés et à retirer ces sanctions unilatérales illicites. La Chine suivra de près l’évolution de la situation et prendra les mesures nécessaires pour protéger fermement ses droits et intérêts légitimes.