
CCTV : À notre connaissance, le Forum 2026 sur la gouvernance mondiale des droits de l’homme se tiendra à Beijing les 11 et 12 juin. En saisissant l’occasion de la commémoration du 40e anniversaire de la Déclaration sur le droit au développement des Nations Unies, les différentes parties mèneront des discussions sur la gouvernance mondiale des droits de l’homme. Pourriez-vous nous en dire plus ?
Lin Jian : Le Forum 2026 sur la gouvernance mondiale des droits de l’homme se tiendra à Beijing les 11 et 12 juin. Plus de 400 invités provenant de près de 100 pays, dont la Chine, ainsi que des Nations Unies et d’autres organisations internationales et régionales, participeront au forum sur invitation.
Ayant pour thème « Développement commun, droits de l’homme partagés : le 40e anniversaire de l’adoption de la Déclaration sur le droit au développement et une nouvelle vision de la gouvernance mondiale des droits de l’homme », le forum est co-organisé par le Bureau de l’Information du Conseil des Affaires d’État et le ministère des Affaires étrangères de la Chine. Outre la cérémonie d’ouverture et la séance plénière, cinq sous-forums seront organisés sur les thèmes suivants : les implications de l’Initiative pour la gouvernance mondiale en matière de droits de l’homme ; le rôle et l’importance du droit au développement dans l’évolution des droits de l'homme à l’échelle mondiale ; la sauvegarde du droit au développement à l’ère de l’intelligence artificielle (IA) : défis et opportunités émergents ; le développement vert et la protection des droits de l’homme ; et la modernisation et le développement libre et complet des personnes.
La Chine se réjouit à l’idée que ce forum soit l’occasion d’échanger des points de vue, d’apprendre les uns des autres et de parvenir à un consensus sur la promotion des droits de l’homme par un meilleur développement, afin de concrétiser la vision de la Déclaration sur le droit au développement et de mettre en place un système mondial de gouvernance des droits de l’homme juste, équitable et inclusif.
Bloomberg : L’Union européenne (UE) fait avancer actuellement une proposition qui obligerait les entreprises à éviter toute dépendance excessive au sein de leurs chaînes d’approvisionnement. Cette initiative intervient alors que l’UE cherche à redéfinir ses relations commerciales avec la Chine. Quel est le commentaire du ministère des Affaires étrangères à ce sujet ?
Lin Jian : Comme nous l’avons déjà exposé à plusieurs reprises, les chaînes industrielles et d’approvisionnement entre la Chine et l’UE sont fortement intégrées et interdépendantes. Cette situation résulte de la mondialisation économique et des forces du marché, et a été bénéfique tant pour les entreprises chinoises que pour les entreprises européennes. Les entreprises européennes font leurs choix en fonction des coûts, de la technologie et de l’efficacité. En quoi cela constitue-t-il une « dépendance excessive » ? La « diversification » n’est-elle pas, dans ce cas, une autre forme de protectionnisme ? Ce type de mesures ne rendra pas l’industrie européenne plus compétitive, et elles vont clairement à l’encontre des principes d’économie de marché, de concurrence loyale et de libre-échange que l’UE a toujours prétendu défendre.
Comme le dit un vieux proverbe chinois : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ». Le commerce entre la Chine et l’UE n’est pas un jeu à somme nulle. Les deux parties peuvent complètement s’aider à réussir et parvenir au bénéfice mutuel. La Chine adopte une attitude ouverte et positive à l’égard du règlement des différends économiques et commerciaux entre la Chine et l’UE. Nous espérons que l’UE travaillera avec la partie chinoise dans la même direction, afin de résoudre les problèmes par le dialogue et la consultation, et de faire en sorte que la coopération économique et commerciale sino-européenne profite davantage aux entreprises et aux populations des deux parties.
AFP : Le président Xi Jinping est en visite en République populaire démocratique de Corée (RPDC). Lors de la rencontre, les deux parties aborderont-elles le programme d’armement nucléaire de la RPDC ? La Chine continuera-t-elle à œuvrer en faveur de la dénucléarisation de la péninsule ?
Lin Jian : La Chine fait preuve de continuité et de cohérence dans sa position et sa politique concernant la question de la péninsule coréenne. Nous publierons en temps voulu des informations sur la visite d’État en cours du président Xi Jinping en RPDC. Veuillez les suivre.
Ukrinform News Agency : Les autorités ukrainiennes ont déclaré que l’armée russe avait frappé une installation de stockage de combustible nucléaire usé près de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Lin Jian : La Chine accorde une grande importance à la sûreté et à la sécurité des installations nucléaires. La Chine estime que la résolution définitive de ce problème dépend des perspectives d’un règlement politique de la crise ukrainienne, le dialogue et la négociation constituant la seule issue viable. Nous appelons les parties concernées à œuvrer pour une désescalade rapide et à accumuler les conditions propices à la reprise du dialogue et des négociations.
PTI : Le président russe Vladimir Poutine a déclaré la semaine dernière lors d’une interview que les relations de la Russie avec la Chine et l’Inde étaient indépendantes les unes des autres et ne s’interféraient pas mutuellement, et que la Chine et l’Inde s’efforçaient de résoudre leurs préoccupations communes, y compris les questions frontalières. L’Inde s’intéresse aux relations entre la Chine et le Pakistan, mais le Pakistan entretient des relations de coopération avec de nombreux pays. Quelle est la réaction du ministère des Affaires étrangères à ce sujet ?
Lin Jian : La Chine, la Russie et l’Inde sont toutes des économies émergentes. Le maintien de relations saines est non seulement dans l’intérêt des trois pays, mais contribue également à la paix, à la sécurité, à la stabilité et à la prospérité régionales et mondiales. La Chine est prête à rester en communication avec la Russie et l’Inde pour faire progresser la coopération entre les trois pays.
La situation à la frontière sino-indienne est pour l’instant globalement stable et les deux parties disposent de canaux de communication fluides. La Chine et l’Inde doivent adopter une perception stratégique appropriée, à savoir que les deux pays sont des partenaires de coopération et non des rivaux, et qu’ils représentent des opportunités et non des menaces pour leur développement mutuel. Les deux parties doivent envisager et gérer leurs relations bilatérales avec une vision stratégique et une perspective à long terme, renforcer la confiance mutuelle, élargir la coopération, gérer correctement leurs divergences et promouvoir le développement sain et stable des relations sino-indiennes.
En ce qui concerne les relations entre l’Inde et le Pakistan, la Chine a clairement exprimé sa position à plusieurs reprises. Nous soutenons les deux parties dans leurs efforts pour gérer correctement leurs différends par le dialogue et la consultation, et pour maintenir ensemble la paix et la stabilité dans la région.
AFP : Quel est le commentaire du ministère des Affaires étrangères concernant les attaques réciproques menées par l’Iran et Israël ce week-end ?
Lin Jian : La Chine est profondément préoccupée par la situation actuelle. Le retour à la guerre ne sert les intérêts d’aucune partie. Nous espérons que les parties concernées continueront à respecter les engagements en matière de cessez-le-feu, maintiendront la dynamique des négociations, résoudront leurs différends par des moyens politiques et diplomatiques, parviendront rapidement à un cessez-le-feu global et durable et créeront les conditions nécessaires au rétablissement de la paix et de la tranquillité au Moyen-Orient et dans la région du Golfe.
