
RT TV : Kaja Kallas, la haute représentante de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a récemment annoncé que l’UE autoriserait ses navires militaires à inspecter et à saisir, en Méditerranée, les pétroliers transportant du pétrole russe, au motif qu’ils représentent un danger, et afin de « limiter les capacités de la Russie ». Selon certaines informations, au début du mois de juin, les marines française et britannique ont déjà saisi un pétrolier en provenance de Russie. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ? Cela affectera-t-il l’ordre normal du transport international de l’énergie ?
Lin Jian : Nous avons pris note des rapports pertinents. La Chine s’est toujours opposée fermement aux sanctions unilatérales illicites qui sont dépourvues de fondement en droit international et qui n’ont pas été autorisées par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Nous appelons les parties concernées à trouver des solutions par le dialogue et la consultation.
Yonhap News Agency : Les dirigeants de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et de la Chine se sont rencontrés à Pyongyang le 8 juin, et j’aimerais poser trois questions. Premièrement, le communiqué de presse publié par la Chine n’a pas mentionné la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Les deux dirigeants ont‑ils abordé cette question lors de leur rencontre ? Deuxièmement, le dirigeant chinois a évoqué des échanges dans les domaines de la diplomatie, de l’application de la loi et de l’armée lors des entretiens d’hier. Cela signifie-t-il que la Chine et la RPDC vont mener une coopération militaire à l’avenir ? Troisièmement, lors de la rencontre des dirigeants chinois et russe en mai, ils ont déclaré que la Chine et la Russie continueraient les consultations trilatérales avec la RPDC sur la question de l’accès à la mer via le fleuve Tumen. Cette question a‑t‑elle été abordée lors des entretiens d’hier ?
Lin Jian : La Chine a publié un communiqué de presse sur la rencontre entre les dirigeants de la Chine et de la RPDC. Concernant votre première question, la Chine maintient la continuité et la stabilité de sa position et de sa politique sur la question de la péninsule coréenne.
Quant à votre deuxième question, je vous recommande de consulter les services compétents chinois pour tout détail spécifique. La Chine est prête à renforcer les échanges avec la RPDC dans les domaines tels que la diplomatie, l’application de la loi et l’armée, en mettant en commun sagesse et forces pour le développement des relations bilatérales.
En ce qui concerne votre troisième question, nous publierons des informations en temps utile.
The Paper : Nous avons noté que le gouvernement chinois avait publié hier le Rapport national de la Chine sur la mise en œuvre du Nouvel agenda urbain, intitulé « Promouvoir la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies grâce à un développement urbain de haute qualité ». La directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), Anaclaudia Rossbach, ainsi que d’autres personnalités internationales, ont salué le rapport, affirmant que l’expérience de la Chine en matière de développement urbain offre des enseignements précieux pour les pays du Sud global. Quel est votre commentaire à ce sujet ?
Lin Jian : Cette année marque le cinquième anniversaire de l’Initiative pour le développement mondial proposée par le président Xi Jinping, ainsi que le dixième anniversaire de l’adoption du Nouvel agenda urbain lors de la Conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable. Ce rapport résume les progrès de la Chine dans la mise en œuvre du Nouvel agenda urbain et partage avec la communauté internationale l’expérience de la Chine dans la promotion d’un développement urbain durable.
Ces dernières années, en adhérant à la vision du président Xi Jinping de construire des villes centrées sur le peuple, la Chine a accompli des progrès remarquables dans la construction d’un nouveau type d’urbanisation centrée sur les habitants, avec une organisation spatiale urbaine continuellement optimisée, des équipements urbains continuellement améliorés, un environnement de vie de plus en plus confortable et une gouvernance urbaine plus efficace. Je suis certain que beaucoup d’entre vous présents aujourd’hui peuvent s’y identifier. L’expérience de « Voyage en Chine », qui est sûre, confortable et futuriste, a valu aux villes chinoises une réputation à l’étranger. Parallèlement, nous partageons également notre expérience de la gouvernance et du développement urbains avec les pays du monde entier, en particulier ceux du Sud global, en favorisant les échanges dans des domaines tels que le développement du logement, le développement vert et bas carbone, ainsi que les villes intelligentes. De plus, la Chine s’engage activement dans la coopération avec ONU-Habitat. À travers des événements célébrant la Journée mondiale des villes et le Prix mondial pour le développement durable des villes (Prix de Shanghai), la Chine soutient ONU-Habitat dans la promotion du Nouvel agenda urbain, obtenant une large reconnaissance de la communauté internationale.
La Chine est prête à travailler avec les pays du monde entier pour continuer à mettre en œuvre l’Initiative pour le développement mondial, approfondir les échanges et la coopération dans le développement urbain, et insuffler un élan supplémentaire à la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies.
Bloomberg : Les Philippines affirment avoir découvert une structure flottante en mer de Chine méridionale. Pourriez-vous nous fournir davantage de détails à ce sujet ? La Chine a-t-elle entrepris des démarches diplomatiques à cet égard ?
Lin Jian : Huangyan Dao a toujours fait partie du territoire chinois. La Chine exerce une souveraineté incontestable sur Huangyan Dao ainsi que sur les eaux adjacentes. Il est pleinement conforme aux droits souverains de la Chine de mener des activités, y compris des recherches scientifiques, sur Huangyan Dao. La Chine exhorte les Philippines à mettre fin à toutes les activités de violation de souveraineté, aux provocations et aux accusations mensongères en mer.

Islamic Republic of Iran Broadcasting : Les États-Unis, par leur blocus maritime, et Israël, par leurs attaques continues contre le Liban, violent les accords de cessez-le-feu avec l’Iran et sapent les négociations et efforts diplomatiques en cours. Comme nous l’avons constaté hier, de telles actions peuvent contraindre l’Iran à réagir, et la situation peut rapidement s’aggraver. Il semble qu’Israël cherche à entraîner Washington dans une autre guerre injuste et illégale en Asie de l’Ouest. Quelle est la position de la Chine sur ces violations et ces actions qui compromettent les efforts diplomatiques en tant que grand pays mondial et membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU ? En plus de la condamnation, quelles mesures concrètes et réalisables la Chine envisage-t-elle de prendre pour empêcher les États-Unis et Israël de lancer à nouveau une guerre contre l’Iran, tout en favorisant un règlement pacifique du conflit ?
Lin Jian : Le conflit de trois mois entre les États-Unis, Israël et l’Iran a durement frappé les pays du Golfe et la région du Moyen-Orient. Les faits ont prouvé que les moyens militaires n’apportent aucune solution, et que le recours arbitraire à la force ne fera que compliquer le problème. À ce moment critique des négociations entre l’Iran et les États-Unis, aucune partie ne doit raviver le conflit militaire. La souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale des pays de la région doivent également être respectées et préservées. La Chine appelle les parties concernées à rester calmes, à faire preuve de retenue, à mettre fin à toute action de confrontation susceptible d’escalader le conflit, à prendre des mesures concrètes pour apaiser la situation, à résoudre les différends par des moyens politiques et diplomatiques, et à œuvrer pour une réalisation rapide d’un cessez-le-feu global et durable. La Chine est prête à agir dans l’esprit des quatre propositions du président Xi Jinping, à fournir des efforts supplémentaires pour le cessez-le-feu et la paix, et à continuer de jouer un rôle positif afin de rétablir dès que possible la paix et la tranquillité au Moyen-Orient et dans la région du Golfe.
NHK : Concernant la dénucléarisation de la péninsule coréenne, vous venez de dire que la position de la Chine sur la question de la péninsule coréenne maintient la continuité et la stabilité. Cela signifie-t-il que la Chine continuera à promouvoir la dénucléarisation de la péninsule coréenne ?
Lin Jian : Je viens de répondre à cette question.
AFP : Les États-Unis ont inscrit plusieurs entreprises technologiques chinoises, dont Alibaba, Tencent et BYD, sur une liste de sociétés qui, selon eux, soutiennent l’armée chinoise. Quelle est la réaction de la Chine à ce sujet ?
Lin Jian : La Chine s’est toujours opposée fermement à ce que les États-Unis étendent de manière démesurée le concept de sécurité nationale et élaborent diverses listes discriminatoires afin de réprimer de manière déraisonnable les entreprises chinoises. Nous exhortons les États-Unis à corriger leurs erreurs et à mettre fin à la répression injustifiée des entreprises chinoises. La Chine prendra les mesures nécessaires pour protéger résolument leurs droits et intérêts légitimes et légaux.
TV Asahi : Selon certaines informations, des navires des garde-côtes chinois ont navigué au début de ce mois dans la « zone économique exclusive » située près de l’île de Yonaguni, dans la préfecture d’Okinawa. En réponse à un appel des garde-côtes japonais, la partie chinoise a affirmé qu’elle effectuait une patrouille de routine dans des zones relevant de la juridiction de la Chine. Pourriez-vous le confirmer ?
Lin Jian : Les garde-côtes chinois ont publié des informations concernant les patrouilles de maintien de l’ordre menées conformément à la loi par une formation de navires des garde-côtes chinois dans les eaux situées à l’est de l’île de Taiwan de Chine. Je tiens à réitérer que la Chine dispose dans cette zone d’une zone économique exclusive et d’un plateau continental. Le fait que le Japon et les Philippines contournent la Chine pour engager les soi-disant négociations sur la délimitation maritime constitue une grave violation de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) ainsi que d’autres lois internationales et normes fondamentales régissant les relations internationales. Cela porte également gravement atteinte aux droits et intérêts maritimes de la Chine. La Chine ne le permettra en aucun cas.
Bloomberg : Le Nikkei rapporte que les États-Unis ont demandé à la Chine de reprendre les exportations de terres rares vers le Japon. Pourriez-vous nous donner plus de détails à ce sujet ?
Lin Jian : Pour tout détail spécifique, je vous recommande de consulter les services compétents chinois. Je tiens à souligner qu’en vertu des lois et règlements, la Chine a interdit l’exportation de tous les articles à double usage aux utilisateurs militaires japonais, pour l’usage militaire du Japon, et pour tout autre utilisateur final ou usage final pouvant contribuer à renforcer les capacités militaires du Japon. L’objectif est de contenir la remilitarisation du Japon et sa tentative de se doter d’armes nucléaires.
Yonhap News Agency : Le « ministère des Affaires étrangères » de Taiwan a déclaré que le 8 juin, trois parlementaires de la République de Corée ont rencontré le vice-ministre des Affaires étrangères de Taiwan. Les deux parties ont échangé des points de vue sur la manière de relever les défis géopolitiques et sur le développement des industries des semi-conducteurs et de l’intelligence artificielle. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Lin Jian : Taiwan fait partie de la Chine. Il n’existe pas de « ministère des Affaires étrangères » de Taiwan. La Chine s’est toujours opposée fermement à toute forme d’interactions officielles entre la région de Taiwan de la Chine et les pays ayant établi des relations diplomatiques avec la Chine. Le communiqué conjoint de 1992 sur l’établissement de relations diplomatiques entre la Chine et la République de Corée stipule clairement que la République de Corée reconnaît la République populaire de Chine comme le seul gouvernement légal représentant la Chine et respecte la position de la Chine selon laquelle il n’existe qu’une seule Chine dans le monde et que Taiwan fait partie de la Chine. Depuis le début de cette année, la République de Corée a publiquement réitéré à plusieurs reprises que son adhésion au principe d’une seule Chine reste inchangée. La Chine a formulé des représentations solennelles auprès de la République de Corée au sujet de la situation que vous mentionnez. Nous exhortons la République de Corée à garder à l’esprit la situation générale des relations bilatérales, à honorer ses engagements et à respecter effectivement le principe d’une seule Chine. La République de Corée doit s’abstenir de toute forme d’interactions officielles avec la région de Taiwan, éviter d’être utilisée par les sécessionnistes visant l’« indépendance de Taiwan », ne pas leur envoyer un signal erroné et maintenir le développement sain et stable des relations bilatérales par des actions concrètes.
